À l’extrême Ouest de Kyushu (et donc du Japon) se troue la charmante ville de Nagasaki qui fut mon excursion du jour. J’ai eu la chance d’y aller en la présence de deux guides « débutantes » qui nous ont proposé, à Marion et à moi, de leur servir de cobaye pour un tour accompagné! Comment refuser?!

La visite a commencé par un tour au Clover Garden, ancienne propriété d’un homme d’affaire Ecossais immigré au Japon et ayant été une figure de la restauration Meiji (alentours de 1867).

C’est donc une promenade qui se fait dans une atmosphère très occidentale. Mais le jardin est splendide et on se plait à flâner entre les maisons de style colonial.

Juste en dessous du Clover Garden se trouve une église catholique du Oura, déclarée monument national. Il faut savoir que Nagasaki est la ville au Japon qui rassemble la plus grande proportion de catholiques: 20% de la population (contre 1% en moyenne dans le reste du pays). Pour des européens, pas grand chose d’intéressant si ce n’est l’histoire du lieu. Le christianisme ayant été interdit par le gouvernement, vous vous doutez que la première ville chrétienne du pays a du en voir de toutes les couleurs.

Pour le repas de midi, on s’arrête à Chinatown pour déguster l’une des spécialités locales puisque la Chinatown de Nagasaki est relativement importante.
Après le repas, on se dirige sous un soleil de plomb vers le Nord de la ville: l’épicentre de la bombe atomique qui a ravagé la ville le 9 août 1945, trois jour après le bombardement de Hiroshima. Nous visitons le musée de la paix.

Comme a Hiroshima, le musée est très instructif et très démoralisant. Il est peut être un peu moins déprimant que celui de Hiroshima mais il est aussi plus court. Peut être plus « ludique », difficile de juger sur un sujet aussi sensible. En tout cas ce n’est pas une visite de perdue.

On y trouve des informations sur le bombardement même de la ville et bien entendu sur les conséquences… Des objets et des photos d’époque ainsi que de nombreux témoignages. La bombe qui a explosé au dessus de Nagasaki était plus puissante que celle de Hiroshima, mais la géographie montagneuse de Nagasaki a « minimisé » les dégâts.

Une fois le musée visité, nous nous dirigeons vers l’épicentre du bombardement dominé par une colonne de pierre noire.

Sur le côté de la dalle est indiqué le nombre de victimes de la bombe. La moitié des victimes sont mortes instantanément, les autres sont décédées des suites de brûlures ou de maladies liées à la radioactivité… A savoir que ce nombre est mis à jour chaque année. L’an dernier encore 300 personnes sont décédées de maladies causées par le bombardement atomique de 1945.

Un peu plus loin se trouve le parc de la paix. A son extrémité se trouve une gigantesque statue de bronze symbolisant la paix et l’abolition de l’armement nucléaire.

On y dépose aussi une grue de papier, toujours symbole de la paix.

Nous les avions fabriquées dans le train en venant. Une petite séance très sympathique d’origami qui fait passer le temps pour les 2 heures de train! Bien sûr nous n’en avions qu’une seule par personne, nous les avons ajoutées aux milliers déjà présentes.

Le parc est très beau et très paisible. Avec le temps qu’il faisait, il s’en est fallu de peu pour que je me jette dans l’une des fontaines!

Et il est déjà temps pour nous de reprendre le chemin de la maison. Sans oublier bien entendu d’acheter un Castilla, cake introduit par les Portugais et désormais spécialité de la ville.

Merci à Nakamura-san et Ogawa-san de nous avoir accompagné et guidés tout au long de cette visite! Mais ne les dérangeons pas, elles semblent concentrées à fabriquer des grues…


































